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Vous avez dit Union Européenne ? où est-elle ?


Vous avez dit Union Européenne ? où est-elle ? Union Européenne/24 mars 2020/Réseau International par Jean Goychman. Autant nous sommes saturés d’infos (toutes les mêmes pratiquement) par les chaînes TV en continu, concernant le confinement et les nécessités civiques (s’il avaient un doute, il suffisait de nous le demander poliment) concernant l’épidémie actuelle, autant certaines d’entre-elles sont (par manque de place et de temps d’antenne, probablement) sont passées sous silence. Nous connaissons tous la situation critique de nos amis italiens face à ce fléau qu’est le coronavirus. Il apparaissait évident qu’une occasion extraordinaire de réconcilier les peuples européens – de plus en plus sceptiques au regard de « l’usine à gaz » qu’est devenue cette Union Européenne technocratique- avec l’idée même d’une Europe protectrice agissant pour le bien de tous, allait être offerte. Au-delà des mots et des louables intentions, nous allions enfin constater l’efficacité de cette institution en conditions réelles. Une aide qui ne vient pas Dans un premier temps, l’Italie s’était tournée vers l’Europe pour obtenir de l’aide et cela paraissait naturel. Mais nombre de pays européens ont décidé de la fermeture de leurs frontières, ce qui risquait de ralentir la circulation des matériels. De plus, certains devenaient « frileux » sur ce sujet et ne tenaient pas à se démunir, suivant le vieux principe qui veut que « charité ordonnée commence par soi-même ». Il est probable que la politique budgétaire imposée à l’Union Européenne par les différents traités n’a pas aidé à la constitution des stocks. Le libre-échange généralisé qui a conduit à une délocalisation de la fabrication des matériels indispensables en cas d’épidémie s’est révélée avoir été, aux dires d’Emmanuel Macron, une véritable folie. Prise par l’urgence de la situation qui menaçait de devenir hors de contrôle, l’Italie a dû s’adresser à d’autres pays. La Chine, Cuba et le Vénézuéla ont répondu immédiatement à cette demande. Ensuite, ce fut la Russie qui répondit favorablement à l’appel de Giuseppe Conte, qui sollicita son aide lors d’un appel téléphonique à Vladimir Poutine passé le 21 mars. Le 23 mars, atterrissaient près de Rome le dernier des 9 gros porteurs russes promis par ce dernier, soit moins de 48 heures après l’appel. Quel constat peut-on faire ? En premier lieu, malgré tous les efforts déployés dans ce sens, les nations n’ont pas disparu. En cas de danger imminent et important, ce sont les seules entités vers lesquelles les peuples se tournent. Cela n’a rien de nouveau et Hélène Carrère d’Encausse était arrivée à la même conclusion dans son ouvrage « l’Empire éclaté » dans lequel elle prévoyait la fin de l’URSS. Quel dommage et que de temps perdu pour la construction européenne d’avoir voulu nier ce fait. N’avoir eu d’autre vision que celle d’une une intégration supranationale était irréaliste. De Gaulle en était persuadé et l’Histoire ne fait que le démontrer une fois de plus. Mais il y a plus grave encore. Avoir fait de cette même Union Européenne une sorte d’appartement témoin de la mondialisation future l’a considérablement fragilisée. Dès lors que seule comptait la fameuses « loi du Marché », la notion même de la défense des intérêts nationaux n’existait plus. Puisque nous allions tous vivre dans le même monde ouvert, peu importait qui fabriquait les choses dont nous allions avoir besoin. L’essentiel était qu’elles soient fabriquées quelque part, et que leur commerce laisse les marges les plus juteuses. Il aura fallu l’épisode tragique que nous traversons actuellement pour que nous mesurions dans quel dénuement nous nous trouvions, et s’apercevoir ainsi brutalement de notre dépendance. Nous avions bel et bien perdu, au travers de cette sujétion, des pans entiers de notre indépendance et de notre souveraineté. Il est curieux de constater, au travers du cas italien, que ce sont des nations non-européennes qui lui portent secours. Depuis des années, tous nos gouvernants sans exception nous ont vanté les bénéfices que notre pays allait tirer de cette Union Européenne supranationale. L’euro, cette « monnaie unique » qui devait servir de ciment n’a servi en réalité que les intérêts des financiers. Un simple regard sur l’endettement des pays de la zone euro, et en particulier ceux du Sud, suffit pour s’en persuader. Cette adhésion à l’euro, nous disait-on, ne pouvait se faire qu’à la condition de respecter des critères très stricts en matière de déficit budgétaire et d’endettement. En quelque sorte, nous devions, grâce à nos efforts et nos sacrifices, gagner notre paradis. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? On nous a opposé durant des décennies une rigueur budgétaire, jusqu’à la graver au burin dans le traité dit « de la Règle d’Or » pour finalement creuser des déficits abyssaux. Et voilà que, à un moment où cette solidarité entre européens aurait dû se manifester, nous découvrons, une fois de plus, qu’elle est inexistante. Ce n’est pas vraiment nouveau. Cela n’est pas sans rappeler un épisode récent, loin d’être anecdotique. Il y a quelques mois, bien avant la crise que nous connaissons, Emmanuel Macron, qui se rendait très progressivement compte des dangers économiques qui risquaient de nous menacer, voulait protéger quelque peu les ouvriers européens. À sa grande surprise, le Premier Ministre portugais n’a pas soutenu cette démarche. Notre président lui a demandé pourquoi. La réponse fût, en substance : « Lorsque nous étions dans la difficulté, seule la Chine nous a aidé. Maintenant, nous lui rendons ». Quelle va être la réaction populaire ? Sans être prophète ni avoir de « boule de cristal », les peuples ne peuvent pas manquer de réagir. Passée cette période de peur et de sidération qui accompagne les évènements tragiques, survient le moment où les gens veulent savoir ce qui s’est réellement passé et qui a fait (ou pas fait) quoi. Dans notre pays, lorsqu’ils vont découvrir qu’ils ont été copieusement « baladés », ne serait-ce que pour le 1er tour des élections municipales où on leur avait assuré qu’il n’y avait aucun risque de contamination. Beaucoup d’entre eux ont, du reste, préférés s’abstenir, ce qui n’est pas un bon signe de confiance. Ensuite, les propos de notre Président, aux antipodes de ceux qu’il tenait jusqu’alors concernant la mondialisation. Comment va-t-il faire pour les mettre en accord avec ses actes futurs ? Il aura beau dire que la situation était l’héritage d’un passé vieux de plusieurs décennies, cela ne l’exonérera en rien, pas plus que le reste du gouvernement. C’est peut-être injuste, mais c’est ainsi. Enfin, les déclarations de Agnès Buzyn, ancienne ministre de la santé publique, ont encore augmenté le doute et la confusion, achevant de jeter le discrédit sur toute la chaîne de transmission du pouvoir. Leur effet risque d’être dévastateur. Un tournant et peut-être une fin de la mondialisation … Jacques Attali avait écrit en 2009 qu’il fallait « installer un gouvernement mondial » qui verrait le jour après qu’une pandémie se soit produite. C’était il y a 10 ans. Depuis, le monde a changé. Les peuples ont commencé à sortir de leur torpeur léthargique. Ils ont subi plus qu’ils n’ont profité de ses effets la délocalisation généralisée des usines et des services, grandement favorisée par l’essor du numérique. La crise de 2008 a eu des conséquences sur leur vie au quotidien et sur leurs impôts, et ils ne voient plus les choses de la même façon. Alors, il se pourrait bien que la vision du gouvernement mondial souhaité par Jacques Attali se soit estompée au profit de celle d’un monde nouveau à la surface duquel réapparaîtraient les souverainetés nationales et que cette parenthèse mondialiste se referme. Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Pocket(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Reddit(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) source : Reseau International

Pourquoi le coronavirus se répand de manière exponentielle (et pourquoi ...

Covid-19 : la chloroquine testée à grande échelle

Pr Didier Raoult: Reflexion sur la chloroquine (Un remède possible) Merci

mercredi

« Le coronavirus est en partie un prétexte pour régler d’autres comptes »

Les ministres de la défense du Royaume-Uni et de la Turquie ont pénétré clandestinement à Idlib pour superviser les moyens militaires mis en place par les deux pays pour défendre les rebelles syriens



Les ministres de la défense du Royaume-Uni et de la Turquie ont pénétré clandestinement à Idlib pour superviser les moyens militaires mis en place par les deux pays pour défendre les rebelles syriens Le Secrétaire britannique à la défense Ben Wallace en compagnie de son homologue turc Hulusi Akar dans un poste militaire avancé turc dans la province syrienne rebelle d’Idlib. Akar (à gauche) et Wallace à la frontière turco-syrienne, 12 et 13 mars 2020 Hulusi Akar a réitéré qu’il était totalement hors de question de retirer les forces turques d’Idlib.Strategika 51 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Soros, Erdogan et les armes d’immigration massive contre l’Europe et la Russie.



Dans une tribune intitulé « L’Europe doit se tenir aux côtés de la Turquie au sujet des crimes de guerre de Poutine en Syrie », George Soros expose les raisons pour lesquelles, selon lui, l’Union européenne devrait soutenir les menées guerrières de Recep Tayyip Erdogan en Syrie et accepter le chantage migratoire que fait peser le président turc sur l’Europe. Au moment où Erdogan menace directement les frontières grecques de l’UE en y massant des milliers de migrants, George Soros reporte aussi la responsabilité intégrale de cette crise sur l’intervention russe en Syrie. Une orientation géopolitique qui, au vu de l’influence de Soros sur les institutions européennes, se révèle assez inquiétante pour la suite des événements. Celui-ci décrivait pourtant encore récemment la Turquie d’Erdogan comme une menace directe pour l’Union européenne. Dans un recueil de textes publié en 2019 intitulé In Defense of Open Society, Soros expliquait : « l’UE est entourée de puissances hostiles : la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan, l’Égypte d’al-Sissi, et l’Amérique que Trump voudrait faire exister mais qu’il ne parvient pas à créer ». L’Open Society Foundations (OSF) a par ailleurs mis fin à ses activités officielles en Turquie en novembre 2018 sous la pression des autorités turques. Une prise de position analysée par la rédaction de Soros Watch pour strategika.fr Pour soutenir Strategika : https://strategika.fr/faites-un-don/ Jouer la carte Erdogan contre Poutine La tribune de George Soros parue le 4 mars dernier dans le Financial Times est éclairante quant à la narration géopolitique que les réseaux de l’Open Society cherchent à faire exister depuis le début du conflit syrien. Pour Soros, Erdogan doit être considéré comme un partenaire privilégié de l’Europe et un protecteur des « civils réfugiés » face à une Russie qui est désignée quant à elle comme l’ennemi stratégique majeur de l’UE : « Le seul gouvernement qui a mis en place des forces militaires pour défendre les civils piégés à Idlib par M. Assad et son allié russe est la Turquie. Les frappes aériennes des avions russes (Moscou a nié leur rôle) ont tué 34 soldats turcs à la fin du mois dernier. Mais la Turquie n’a pas osé attaquer directement la Russie car l’armée de l’air russe est plus forte que celle de la Turquie. La Russie possède des armes nucléaires et la Turquie n’en possède pas. La Turquie a plutôt choisi de riposter contre les forces d’Assad en utilisant des drones militaires. C’est ainsi que Poutine s’en est sorti avec l’impunité pour meurtre. »[1] De manière significative, Soros rapproche aussi la situation ukrainienne avec le théâtre d’opération syrien : « En 2014, j’ai exhorté l’Europe à prendre conscience de la menace que la Russie faisait peser sur ses intérêts stratégiques, bien que dans un contexte et une géographie différente. La Russie avait envahi l’Ukraine en sachant que l’Europe chercherait à éviter toute confrontation avec Moscou. Pourtant, ce qui se passe aujourd’hui à Idlib suit le même schéma : L’Europe évite une confrontation avec la Russie sur sa politique à l’égard de la Syrie alors qu’elle devrait lui tenir tête. En se concentrant sur la crise des réfugiés que la Russie a créée, l’Europe s’attaque au symptôme et non à la cause. » [2] Soros va jusqu’à présenter la Russie et l’État syrien comme les responsables volontaires de la fuite vers la Turquie et l’Europe des flux de personnes déplacées par le conflit syrien : « Une Europe déterminée à limiter l’afflux de réfugiés doit admettre que la Turquie a déjà supporté le poids du logement des millions de Syriens déplacés de leur pays. La Turquie héberge déjà 3,5 millions de réfugiés syriens sur son territoire. Elle ne peut pas absorber le million supplémentaire que M. Assad et M. Poutine poussent vers ses frontières (nous soulignons-NDA). (…) L’Europe devrait donc chercher à renforcer la position de négociation du président turc Recep Tayyip Erdogan avec M. Poutine pour essayer de parvenir à un cessez-le-feu qui préserverait une “zone de sécurité” à Idlib pour les réfugiés syriens. J’espère que cela mettrait également les crimes de guerre de M. Poutine au centre de la conversation européenne. »[3] Rappelons que Vladimir Poutine avait expliqué dès octobre 2019 que l’invasion du nord de la Syrie par la Turquie aurait pour conséquences l’évasion et la dispersion de milliers de combattants de Daech. [4] Faisant fi de la chronologie du conflit en Syrie et des raisons réelles de l’intervention militaire russe, George Soros présente la Russie comme la responsable de la crise actuelle allant jusqu’à énoncer une théorie du complot russe. La Russie ayant comme stratégie et but militaire, non seulement d’organiser l’exode massif de syriens vers l’UE mais aussi de remettre en cause les règles du droit international en vigueur depuis 1945 : « Depuis le début de son intervention en Syrie en septembre 2015, la Russie n’a pas seulement cherché à maintenir en place son plus fidèle allié arabe, le président syrien Bachar al-Assad. Elle a également voulu retrouver l’influence régionale et mondiale qu’elle a perdue depuis la chute de l’Union soviétique. Vladimir Poutine a cherché à utiliser la tourmente au Moyen-Orient pour effacer les normes internationales et les progrès du droit humanitaire international réalisés depuis la Seconde Guerre mondiale. En fait, la création de la catastrophe humanitaire qui a transformé près de 6 millions de Syriens en réfugiés n’a pas été un sous-produit de la stratégie du président russe en Syrie. C’était l’un de ses principaux objectifs (nous soulignons-NDA). »[5] Assad reçoit aussi au passage le titre de « dirigeant le plus barbare que le monde ait connu depuis Joseph Staline ». [6] L’anti-Soros Erdogan devient un allié de circonstance L’état des droits humains en Turquie n’est que timidement évoqué dans cet appel à soutenir un régime et un président qui ne relève pas, à proprement dit, des standards sociétaux qu’appelle de ses vœux le richissime magnat de l’humanitaire : « L’Europe ne doit pas oublier comment la Turquie peut également traiter son propre peuple – en témoigne la force téméraire qu’elle a utilisée contre les Kurdes. Mais en ce qui concerne la Syrie au moins, la Turquie mérite le soutien de l’Europe. »[7] L’Open Society Foundations (OSF) a d’ailleurs mis fin à ses activités officielles en Turquie en novembre 2018. Le président turc dénonçait alors ouvertement George Soros d’avoir financé Osman Kavala, un homme d’affaires libéral turc accusé par le régime d’Erdogan d’être à l’origine des manifestations d’Istanbul en 2013, manifestations qui débouchèrent sur des rassemblements antigouvernementaux d’ampleur nationale. Le 18 février dernier, Osman Kavala fût acquitté en même temps que huit suspects accusés comme lui d’avoir organisé les manifestations de 2013 d’Istanbul. Pourtant, quelques heures à peine après son acquittement, Osman Kavala sera arrêté à nouveau sur ordre du parquet d’Istanbul, cette fois pour sa participation présumée au coup d’État manqué de 2016. Une décision qu’Erdogan commentera ainsi lors d’un discours au Parlement, qui a été diffusé en direct par la chaîne turque NTV : « La tentative d’acquitter Kavala n’est rien d’autre qu’une manœuvre tactique de conspirateurs étrangers comme Soros, conspirateurs qui sont engagés dans la provocation de protestations contre les gouvernements légitimes des pays » [8] Régulièrement, Erdogan accuse le « célèbre juif hongrois George Soros » de soutenir Osman Kavala et l’opposition sociale-libérale en Turquie.[9] Pour autant, comme en Ukraine, Soros préconise pour l’UE de détourner le regard au sujet des positions moyennement démocratiques de son allié de circonstance. Ceci afin de faire feu de tout bois face à ce qui est présenté comme l’ennemi global de la paix et de l’équilibre des relations internationales : la Russie de Vladimir Poutine. Dans une tribune intitulé « L’Europe doit se tenir aux côtés de la Turquie au sujet des crimes de guerre de Poutine en Syrie », George Soros expose les raisons pour lesquelles, selon lui, l’Union européenne devrait soutenir les menées guerrières de Recep Tayyip Erdogan en Syrie et accepter le chantage migratoire que fait peser le président turc sur l’Europe. Au moment où Erdogan menace directement les frontières grecques de l’UE en y massant des milliers de migrants, George Soros reporte aussi la responsabilité intégrale de cette crise sur l’intervention russe en Syrie. Une orientation géopolitique qui, au vu de l’influence de Soros sur les institutions européennes, se révèle assez inquiétante pour la suite des événements. Celui-ci décrivait pourtant encore récemment la Turquie d’Erdogan comme une menace directe pour l’Union européenne. Dans un recueil de textes publié en 2019 intitulé In Defense of Open Society, Soros expliquait : « l’UE est entourée de puissances hostiles : la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan, l’Égypte d’al-Sissi, et l’Amérique que Trump voudrait faire exister mais qu’il ne parvient pas à créer ». L’Open Society Foundations (OSF) a par ailleurs mis fin à ses activités officielles en Turquie en novembre 2018 sous la pression des autorités turques. Une prise de position analysée par la rédaction de Soros Watch pour strategika.fr Pour soutenir Strategika : https://strategika.fr/faites-un-don/ Jouer la carte Erdogan contre Poutine La tribune de George Soros parue le 4 mars dernier dans le Financial Times est éclairante quant à la narration géopolitique que les réseaux de l’Open Society cherchent à faire exister depuis le début du conflit syrien. Pour Soros, Erdogan doit être considéré comme un partenaire privilégié de l’Europe et un protecteur des « civils réfugiés » face à une Russie qui est désignée quant à elle comme l’ennemi stratégique majeur de l’UE : « Le seul gouvernement qui a mis en place des forces militaires pour défendre les civils piégés à Idlib par M. Assad et son allié russe est la Turquie. Les frappes aériennes des avions russes (Moscou a nié leur rôle) ont tué 34 soldats turcs à la fin du mois dernier. Mais la Turquie n’a pas osé attaquer directement la Russie car l’armée de l’air russe est plus forte que celle de la Turquie. La Russie possède des armes nucléaires et la Turquie n’en possède pas. La Turquie a plutôt choisi de riposter contre les forces d’Assad en utilisant des drones militaires. C’est ainsi que Poutine s’en est sorti avec l’impunité pour meurtre. »[1] De manière significative, Soros rapproche aussi la situation ukrainienne avec le théâtre d’opération syrien : « En 2014, j’ai exhorté l’Europe à prendre conscience de la menace que la Russie faisait peser sur ses intérêts stratégiques, bien que dans un contexte et une géographie différente. La Russie avait envahi l’Ukraine en sachant que l’Europe chercherait à éviter toute confrontation avec Moscou. Pourtant, ce qui se passe aujourd’hui à Idlib suit le même schéma : L’Europe évite une confrontation avec la Russie sur sa politique à l’égard de la Syrie alors qu’elle devrait lui tenir tête. En se concentrant sur la crise des réfugiés que la Russie a créée, l’Europe s’attaque au symptôme et non à la cause. » [2] Soros va jusqu’à présenter la Russie et l’État syrien comme les responsables volontaires de la fuite vers la Turquie et l’Europe des flux de personnes déplacées par le conflit syrien : « Une Europe déterminée à limiter l’afflux de réfugiés doit admettre que la Turquie a déjà supporté le poids du logement des millions de Syriens déplacés de leur pays. La Turquie héberge déjà 3,5 millions de réfugiés syriens sur son territoire. Elle ne peut pas absorber le million supplémentaire que M. Assad et M. Poutine poussent vers ses frontières (nous soulignons-NDA). (…) L’Europe devrait donc chercher à renforcer la position de négociation du président turc Recep Tayyip Erdogan avec M. Poutine pour essayer de parvenir à un cessez-le-feu qui préserverait une “zone de sécurité” à Idlib pour les réfugiés syriens. J’espère que cela mettrait également les crimes de guerre de M. Poutine au centre de la conversation européenne. »[3] Rappelons que Vladimir Poutine avait expliqué dès octobre 2019 que l’invasion du nord de la Syrie par la Turquie aurait pour conséquences l’évasion et la dispersion de milliers de combattants de Daech. [4] Faisant fi de la chronologie du conflit en Syrie et des raisons réelles de l’intervention militaire russe, George Soros présente la Russie comme la responsable de la crise actuelle allant jusqu’à énoncer une théorie du complot russe. La Russie ayant comme stratégie et but militaire, non seulement d’organiser l’exode massif de syriens vers l’UE mais aussi de remettre en cause les règles du droit international en vigueur depuis 1945 : « Depuis le début de son intervention en Syrie en septembre 2015, la Russie n’a pas seulement cherché à maintenir en place son plus fidèle allié arabe, le président syrien Bachar al-Assad. Elle a également voulu retrouver l’influence régionale et mondiale qu’elle a perdue depuis la chute de l’Union soviétique. Vladimir Poutine a cherché à utiliser la tourmente au Moyen-Orient pour effacer les normes internationales et les progrès du droit humanitaire international réalisés depuis la Seconde Guerre mondiale. En fait, la création de la catastrophe humanitaire qui a transformé près de 6 millions de Syriens en réfugiés n’a pas été un sous-produit de la stratégie du président russe en Syrie. C’était l’un de ses principaux objectifs (nous soulignons-NDA). »[5] Assad reçoit aussi au passage le titre de « dirigeant le plus barbare que le monde ait connu depuis Joseph Staline ». [6] L’anti-Soros Erdogan devient un allié de circonstance L’état des droits humains en Turquie n’est que timidement évoqué dans cet appel à soutenir un régime et un président qui ne relève pas, à proprement dit, des standards sociétaux qu’appelle de ses vœux le richissime magnat de l’humanitaire : « L’Europe ne doit pas oublier comment la Turquie peut également traiter son propre peuple – en témoigne la force téméraire qu’elle a utilisée contre les Kurdes. Mais en ce qui concerne la Syrie au moins, la Turquie mérite le soutien de l’Europe. »[7] L’Open Society Foundations (OSF) a d’ailleurs mis fin à ses activités officielles en Turquie en novembre 2018. Le président turc dénonçait alors ouvertement George Soros d’avoir financé Osman Kavala, un homme d’affaires libéral turc accusé par le régime d’Erdogan d’être à l’origine des manifestations d’Istanbul en 2013, manifestations qui débouchèrent sur des rassemblements antigouvernementaux d’ampleur nationale. Le 18 février dernier, Osman Kavala fût acquitté en même temps que huit suspects accusés comme lui d’avoir organisé les manifestations de 2013 d’Istanbul. Pourtant, quelques heures à peine après son acquittement, Osman Kavala sera arrêté à nouveau sur ordre du parquet d’Istanbul, cette fois pour sa participation présumée au coup d’État manqué de 2016. Une décision qu’Erdogan commentera ainsi lors d’un discours au Parlement, qui a été diffusé en direct par la chaîne turque NTV : « La tentative d’acquitter Kavala n’est rien d’autre qu’une manœuvre tactique de conspirateurs étrangers comme Soros, conspirateurs qui sont engagés dans la provocation de protestations contre les gouvernements légitimes des pays » [8] Régulièrement, Erdogan accuse le « célèbre juif hongrois George Soros » de soutenir Osman Kavala et l’opposition sociale-libérale en Turquie.[9] Pour autant, comme en Ukraine, Soros préconise pour l’UE de détourner le regard au sujet des positions moyennement démocratiques de son allié de circonstance. Ceci afin de faire feu de tout bois face à ce qui est présenté comme l’ennemi global de la paix et de l’équilibre des relations internationales : la Russie de Vladimir Poutine. Le président Recep Tayyip Erdoğan et le spéculateur globaliste George Soros à la même table au forum de Davos en 2003. Source : https://teyit.org/en/the-claim-that-a-photo-shows-erdogan-and-soros-at-the-same-table/ Cette tribune semble avoir en fait pour vocation première de rappeler aux responsables de l’Union européenne et de l’OTAN que la Russie reste le principal frein quant aux intérêts géostratégiques globalistes en Europe et au Moyen-Orient, quelles que puissent être les actions d’Erdogan contre l’UE. On ne peut reprocher à George Soros de ne pas savoir désigner l’ennemi prioritaire de son projet à l’échelle internationale. Comme il le rappelle, la Russie est une puissance nucléaire capable de projection à l’échelle intercontinentale, la Turquie, malgré son rang de seconde armée de l’OTAN ne l’est pas[10]. George Soros désigne ainsi régulièrement la Russie comme l’ennemi majeur de son projet d’État mondial et de fin des États-nations, un projet qu’il désigne de manière opératoire et manipulatoire sous le terme de société ouverte. Comme en 2016, quand Soros expliquait que « Poutine constitue une menace plus grande pour l’existence de l’Europe que Daesh »[11], en 2020 c’est désormais l’« anti-Soros » Erdogan qui constitue une menace moins grande que Poutine pour la société ouverte. Depuis plusieurs décennies la Russie représente pour Soros l’ennemi géopolitique prioritaire. Abattre et défaire la puissance et le rayonnement géopolitique de la Russie sont des impératifs stratégiques des réseaux de la société ouverte depuis les années 90. Cette époque de l’unipolarité triomphante durant laquelle il écrivait son livre programmatique « Opening The Soviet System » et investissait alors des millions pour influencer le personnel politique, journalistique, artistique et scientifique des anciens pays du pacte de Varsovie. De cette époque jusqu’à son actuel soutien à tous les ennemis des intérêts russes en Syrie ou en Ukraine, toutes les alliances de circonstance sont bonnes si elles peuvent permettre d’affaiblir la seule puissance nucléaire un tant soit peu chrétienne encore décidée à maintenir une forme spécifique de destin historique et de souveraineté étatique. Face à cette volonté, si ce n’est de puissance mais au moins de stabilité et de continuité historique et géopolitique, tout doit être entrepris pour empêcher une convergence stratégique entre une UE sous domination de l’OTAN et une Russie qui n’abandonne pas ses marches géopolitiques ni ses intérêts extérieurs. Une ligne de conduite réaliste qui devrait inspirer les Européens s’ils ne veulent pas finir complètement déchiquetés dans les affrontements géopolitiques contemporains et être réduit à terme à l’impuissance stratégique. Les armes d’immigration massive contre l’Europe et la Russie En 2016, Soros développait déjà cette théorie du complot d’une Russie qui cherche à détruire l’UE en utilisant les flux de réfugiés syriens. Sur une ligne similaire à celle du défunt néo-conservateur John McCain[12], Soros expliquait : « Les dirigeants des États-Unis et de l’UE commettent une grave erreur en pensant que la Russie du président Vladimir Poutine est un allié potentiel dans la lutte contre l’État islamique. Les preuves les contredisent. L’objectif de Poutine est de favoriser la désintégration de l’UE, et le meilleur moyen d’y parvenir est d’inonder l’Europe de réfugiés syriens. »[13] Pour Soros, la Russie qui fait face à une crise structurelle interne veut détruire l’UE afin d’éviter de s’effondrer sur elle-même par suite des sanctions occidentales : « Le déficit budgétaire de la Russie s’élève à 7 % du PIB, et le gouvernement devra le ramener à 3 % afin d’éviter que l’inflation ne devienne incontrôlable. Le fonds de sécurité sociale russe est à court d’argent et doit être fusionné avec le fonds d’infrastructure du gouvernement afin d’être reconstitué. Ces développements et d’autres encore auront un effet négatif sur le niveau de vie et l’opinion de l’électorat avant les élections législatives de cet automne. Le moyen le plus efficace pour le régime de Poutine d’éviter l’effondrement est de faire s’effondrer l’UE plus tôt. Une UE qui se désagrège à la limite ne pourra pas maintenir les sanctions qu’elle a imposées à la Russie à la suite de son incursion en Ukraine. Au contraire, Poutine pourra tirer des avantages économiques considérables de la division de l’Europe et de l’exploitation des liens avec les intérêts commerciaux et les partis anti-européens qu’il a soigneusement cultivés. » [14] Pour Soros, la Russie emploierait donc l’arme migratoire afin de détruire l’UE, ni plus ni moins : « Le meilleur moyen pour la Russie d’éviter l’effondrement est de faire imploser l’UE en premier lieu – en exacerbant la crise migratoire et en alimentant l’islamophobie » [15] Soros défend cette narration complotiste depuis le début de l’engagement russe en Syrie. Rappelons que le conflit syrien a débuté en 2011 et que l’intervention militaire russe en Syrie a commencé quant à elle à partir d’octobre 2015. Les flux massifs de Syriens fuyant l’effondrement de l’État syrien ont donc commencé bien avant l’intervention russe. C’est une évidence qu’il convient ici de rappeler : l’intervention russe et son soutien à l’État syrien légitime attaqué de toutes parts sont venus freiner l’hémorragie de personnes fuyant la Syrie. L’effondrement complet de l’État syrien aurait causé une catastrophe régionale et internationale sans commune mesure avec celle actuelle. Générant alors des flots de populations ininterrompus sur les pays avoisinants puis jusqu’en Europe et dans le Caucase russe via la Turquie et même via l’Iran qui aurait été déstabilisée à son tour. Une situation qui aurait donné à la nébuleuse islamiste des capacités de projection encore plus dramatiques que celles qui ont déjà ensanglantées l’Europe depuis le début de la guerre. En revanche, si l’on regarde de plus près les responsabilités de la crise migratoire géante qu’affronte l’UE depuis le début de la guerre en Syrie, on se rend vite compte du rôle qu’ont joué les ONG liées à l’Open Society. George Soros lui-même a clairement une responsabilité personnelle dans la gestion catastrophique de la question migratoire par l’Union européenne depuis 2015. En septembre 2016 George Soros promettait d’investir 500 millions de dollars de placements en actions dans des investissements qui bénéficient aux migrants [16]. Le budget que l’Open Society consacrait à la seule question migratoire en 2018 était de 63,3 millions de dollars. Mais Soros ne s’est pas contenté de soutenir les ONG qui militent pour la réinstallation des migrants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord en Europe, il a aussi contribué personnellement à l’élaboration du « Plan Merkel », un plan conçu par l’ESI (European Stability Initiative), dont le président, Gerald Knaus, est membre de l’OSF. Selon ce plan, l’Allemagne devait accorder l’asile à 500 000 réfugiés syriens. Gerald Knaus est aussi membre de l’ECFR – European Council on Foreign Relations – auquel Strategika consacre l’un de ses dossiers Soros Watch. Le plan initial de Soros, intitulé « Rebâtir le système du droit d’asile »[17],donnait en fait les directives à suivre pour que l’Europe ne soit plus qu’un couloir de passage ouvert à toutes les migrations venues d’Afrique et d’Orient, une sorte de « hub » continental de l’immigration planétaire dans l’esprit de ce qui est présenté dans le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », le fameux « Pacte de Marrakech ».[18] Dans ce texte publié en 2015, Soros y expliquait entre autres : « L’UE a désormais besoin d’un plan global de réponse à cette crise, qui réaffirme l’efficacité de la gouvernance sur les flux de demandeurs d’asile, afin que les migrations puissent s’effectuer dans l’ordre et la sécurité, à un rythme adapté aux capacités européennes d’absorption des réfugiés. Afin d’être complet, ce plan devra s’étendre au-delà des frontières de l’Europe. La situation est moins chaotique, et beaucoup moins coûteuse, lorsque les demandeurs d’asile potentiels demeurent au sein ou proches de leur localisation actuelle. (…) le sort de la population syrienne doit être inscrit au plus haut des priorités, sans pour autant que soient oubliés d’autres demandeurs d’asile et migrants. De même, ce plan européen devra s’accompagner d’une réponse mondiale, sous l’autorité des Nations Unies et avec la participation de ses pays membres. Ceci viendrait répartir la charge de la crise syrienne sur les épaules d’un plus grand nombre d’États, tout en permettant l’instauration de normes mondiales pour la gestion des difficultés plus largement liées aux déplacements forcés. »[19] Comme on le voit, à aucun moment Soros n’envisageait la possibilité pour l’UE de refuser les afflux massifs de Syriens, ceux-ci doivent tout simplement être organisés et répartis au mieux dans les pays européens. On parle ici, au moment où était publié ce texte, d’environ 1 million de réfugiés sans compter ceux à venir. Aujourd’hui encore, alors qu’Erdogan utilise cette masse de déracinés pour faire pression sur l’Europe, Soros appelle l’UE à soutenir Erdogan contre les intérêts même des populations de l’UE. L’instrumentalisation de ce drame humain par le régime d’Erdogan et par les réseaux Soros révèle un agenda géopolitique commun qui, pour arriver à ses fins, emploie ce que certains analystes désignent comme des armes de migration de masse. Ainsi la politologue Kelly M Greenhill, professeur à Harvard, a développé l’idée que les migrations de masse puissent être employées comme de véritables armes de guerre asymétriques non-conventionnelles, ceci tout au long de l’histoire et particulièrement durant la période moderne. Elle les désigne comme des « migrations coercitives fabriquées », une tactique qui aurait été employée partout dans le monde par toutes sortes de régimes politiques.[20] Faire la guerre par un tiers interposé constitue une méthodologie d’autant plus utilisée que les populations de l’époque contemporaine sont plus difficilement mobilisables pour aller faire la guerre directement contre leur voisin comme elles pouvaient l’être autrefois. On peut penser que sans cette masse de migrants qu’il a lui-même contribué à créer par sa politique belliciste en Syrie, Erdogan n’aurait aucun moyen ni aucun prétexte pour mobiliser ainsi des milliers d’hommes à la frontière gréco-turque contre l’UE. En illustration de la manière dont les réseaux Soros manipulent cyniquement ces armes de migration de masse, on pourrait rappeler ceci : en 2015, sur l’île grecque de Lesbos, un reporter de Sky News avait mis la main sur un véritable mini-guide de voyage du réfugié.[21] Un fascicule qui contenait des cartes, des numéros de téléphone et des adresses d’organisations susceptibles d’aider les réfugiés. Plusieurs parcours européens y étaient détaillés ainsi que les démarches à suivre pour arriver à destination. Les centres de filtrage des migrants y étaient également indiqués. L’illustration de la brochure montrait un homme regardant vers la mer. Ces manuels, rédigés en arabe, avaient été remis aux réfugiés avant leur traversée de la Méditerranée par un groupe appelé w2eu (Welcome To Europe), un réseau directement financé par l’Open Society et lié aux réseaux européens des militants « no borders ». Le drame qui se joue depuis près d’une décennie au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde voit une exacerbation de cette utilisation cynique et inhumaine de populations arrachées à leur sol national. Poussées hors de leur patrie d’origine par la guerre et le hard-power classique ou bien par le soft-power des réseaux globalistes, des masses humaines sont projetées contre d’autres à des fins géostratégiques inavouées. Une physique sociale et géopolitique qui laisse entrevoir le pire pour les années à venir en Europe si l’UE accepte le chantage migratoire d’Erdogan tel que le demande George Soros. Compte-tenu de l’influence qu’exercent les réseaux Soros sur les institutions de l’UE, le pire est envisageable en la matière. À moins que cette situation ne contribue à fracturer toujours plus l’UE entre un bloc des puissances euro-globalistes Ouest-européenne et un bloc des puissances conservatrices centre et Est-européennes et ne les poussent ainsi à augmenter les initiatives indépendantes en matière de coopération internationale. Ce qui est certain, c’est que si l’Europe veut s’épargner le destin sanglant qu’entrevoyait le politicien conservateur anglais Enoch Powell dans son célèbre discours[22], il lui faudra rapidement extirper de son sein le chancre globaliste qui la ronge et qui constitue la cause première de son déclassement contemporain. Enoch Powell prononça son appel en avril 1968, au moment même où commençait la révolution de la société ouverte dans tout l’Occident. Cette révolution qui a subverti l’Occident depuis les cinq dernières décennies arrive aujourd’hui à son apogée. Sans cette véritable cinquième colonne sorosienne, l’Europe aurait toute latitude politique pour reprendre dans le monde la place et le rang qui sont les siens et tisser ou défaire les partenariats nécessaires avec les puissances de son choix pour ce faire. Sans cela la révolution de la société ouverte aura ouvert la voie à tous les ennemis multiséculaires de notre civilisation et nous pouvons être sûr que le chaos qui a ravagé la Syrie ravagera alors bientôt l’Europe. C’est cela le projet des globalistes et des islamistes pour l’avenir de l’Europe. La rédaction de Soros Watch pour strategika.fr – 13 mars 2020 Pour soutenir notre travail : https://strategika.fr/faites-un-don/ Le président Recep Tayyip Erdoğan et le spéculateur globaliste George Soros à la même table au forum de Davos en 2003. Source : https://teyit.org/en/the-claim-that-a-photo-shows-erdogan-and-soros-at-the-same-table/ Cette tribune semble avoir en fait pour vocation première de rappeler aux responsables de l’Union européenne et de l’OTAN que la Russie reste le principal frein quant aux intérêts géostratégiques globalistes en Europe et au Moyen-Orient, quelles que puissent être les actions d’Erdogan contre l’UE. On ne peut reprocher à George Soros de ne pas savoir désigner l’ennemi prioritaire de son projet à l’échelle internationale. Comme il le rappelle, la Russie est une puissance nucléaire capable de projection à l’échelle intercontinentale, la Turquie, malgré son rang de seconde armée de l’OTAN ne l’est pas[10]. George Soros désigne ainsi régulièrement la Russie comme l’ennemi majeur de son projet d’État mondial et de fin des États-nations, un projet qu’il désigne de manière opératoire et manipulatoire sous le terme de société ouverte. Comme en 2016, quand Soros expliquait que « Poutine constitue une menace plus grande pour l’existence de l’Europe que Daesh »[11], en 2020 c’est désormais l’« anti-Soros » Erdogan qui constitue une menace moins grande que Poutine pour la société ouverte. Depuis plusieurs décennies la Russie représente pour Soros l’ennemi géopolitique prioritaire. Abattre et défaire la puissance et le rayonnement géopolitique de la Russie sont des impératifs stratégiques des réseaux de la société ouverte depuis les années 90. Cette époque de l’unipolarité triomphante durant laquelle il écrivait son livre programmatique « Opening The Soviet System » et investissait alors des millions pour influencer le personnel politique, journalistique, artistique et scientifique des anciens pays du pacte de Varsovie. De cette époque jusqu’à son actuel soutien à tous les ennemis des intérêts russes en Syrie ou en Ukraine, toutes les alliances de circonstance sont bonnes si elles peuvent permettre d’affaiblir la seule puissance nucléaire un tant soit peu chrétienne encore décidée à maintenir une forme spécifique de destin historique et de souveraineté étatique. Face à cette volonté, si ce n’est de puissance mais au moins de stabilité et de continuité historique et géopolitique, tout doit être entrepris pour empêcher une convergence stratégique entre une UE sous domination de l’OTAN et une Russie qui n’abandonne pas ses marches géopolitiques ni ses intérêts extérieurs. Une ligne de conduite réaliste qui devrait inspirer les Européens s’ils ne veulent pas finir complètement déchiquetés dans les affrontements géopolitiques contemporains et être réduit à terme à l’impuissance stratégique. Les armes d’immigration massive contre l’Europe et la Russie En 2016, Soros développait déjà cette théorie du complot d’une Russie qui cherche à détruire l’UE en utilisant les flux de réfugiés syriens. Sur une ligne similaire à celle du défunt néo-conservateur John McCain[12], Soros expliquait : « Les dirigeants des États-Unis et de l’UE commettent une grave erreur en pensant que la Russie du président Vladimir Poutine est un allié potentiel dans la lutte contre l’État islamique. Les preuves les contredisent. L’objectif de Poutine est de favoriser la désintégration de l’UE, et le meilleur moyen d’y parvenir est d’inonder l’Europe de réfugiés syriens. »[13] Pour Soros, la Russie qui fait face à une crise structurelle interne veut détruire l’UE afin d’éviter de s’effondrer sur elle-même par suite des sanctions occidentales : « Le déficit budgétaire de la Russie s’élève à 7 % du PIB, et le gouvernement devra le ramener à 3 % afin d’éviter que l’inflation ne devienne incontrôlable. Le fonds de sécurité sociale russe est à court d’argent et doit être fusionné avec le fonds d’infrastructure du gouvernement afin d’être reconstitué. Ces développements et d’autres encore auront un effet négatif sur le niveau de vie et l’opinion de l’électorat avant les élections législatives de cet automne. Le moyen le plus efficace pour le régime de Poutine d’éviter l’effondrement est de faire s’effondrer l’UE plus tôt. Une UE qui se désagrège à la limite ne pourra pas maintenir les sanctions qu’elle a imposées à la Russie à la suite de son incursion en Ukraine. Au contraire, Poutine pourra tirer des avantages économiques considérables de la division de l’Europe et de l’exploitation des liens avec les intérêts commerciaux et les partis anti-européens qu’il a soigneusement cultivés. » [14] Pour Soros, la Russie emploierait donc l’arme migratoire afin de détruire l’UE, ni plus ni moins : « Le meilleur moyen pour la Russie d’éviter l’effondrement est de faire imploser l’UE en premier lieu – en exacerbant la crise migratoire et en alimentant l’islamophobie » [15] Soros défend cette narration complotiste depuis le début de l’engagement russe en Syrie. Rappelons que le conflit syrien a débuté en 2011 et que l’intervention militaire russe en Syrie a commencé quant à elle à partir d’octobre 2015. Les flux massifs de Syriens fuyant l’effondrement de l’État syrien ont donc commencé bien avant l’intervention russe. C’est une évidence qu’il convient ici de rappeler : l’intervention russe et son soutien à l’État syrien légitime attaqué de toutes parts sont venus freiner l’hémorragie de personnes fuyant la Syrie. L’effondrement complet de l’État syrien aurait causé une catastrophe régionale et internationale sans commune mesure avec celle actuelle. Générant alors des flots de populations ininterrompus sur les pays avoisinants puis jusqu’en Europe et dans le Caucase russe via la Turquie et même via l’Iran qui aurait été déstabilisée à son tour. Une situation qui aurait donné à la nébuleuse islamiste des capacités de projection encore plus dramatiques que celles qui ont déjà ensanglantées l’Europe depuis le début de la guerre. En revanche, si l’on regarde de plus près les responsabilités de la crise migratoire géante qu’affronte l’UE depuis le début de la guerre en Syrie, on se rend vite compte du rôle qu’ont joué les ONG liées à l’Open Society. George Soros lui-même a clairement une responsabilité personnelle dans la gestion catastrophique de la question migratoire par l’Union européenne depuis 2015. En septembre 2016 George Soros promettait d’investir 500 millions de dollars de placements en actions dans des investissements qui bénéficient aux migrants [16]. Le budget que l’Open Society consacrait à la seule question migratoire en 2018 était de 63,3 millions de dollars. Mais Soros ne s’est pas contenté de soutenir les ONG qui militent pour la réinstallation des migrants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord en Europe, il a aussi contribué personnellement à l’élaboration du « Plan Merkel », un plan conçu par l’ESI (European Stability Initiative), dont le président, Gerald Knaus, est membre de l’OSF. Selon ce plan, l’Allemagne devait accorder l’asile à 500 000 réfugiés syriens. Gerald Knaus est aussi membre de l’ECFR – European Council on Foreign Relations – auquel Strategika consacre l’un de ses dossiers Soros Watch. Le plan initial de Soros, intitulé « Rebâtir le système du droit d’asile »[17],donnait en fait les directives à suivre pour que l’Europe ne soit plus qu’un couloir de passage ouvert à toutes les migrations venues d’Afrique et d’Orient, une sorte de « hub » continental de l’immigration planétaire dans l’esprit de ce qui est présenté dans le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », le fameux « Pacte de Marrakech ».[18] Dans ce texte publié en 2015, Soros y expliquait entre autres : « L’UE a désormais besoin d’un plan global de réponse à cette crise, qui réaffirme l’efficacité de la gouvernance sur les flux de demandeurs d’asile, afin que les migrations puissent s’effectuer dans l’ordre et la sécurité, à un rythme adapté aux capacités européennes d’absorption des réfugiés. Afin d’être complet, ce plan devra s’étendre au-delà des frontières de l’Europe. La situation est moins chaotique, et beaucoup moins coûteuse, lorsque les demandeurs d’asile potentiels demeurent au sein ou proches de leur localisation actuelle. (…) le sort de la population syrienne doit être inscrit au plus haut des priorités, sans pour autant que soient oubliés d’autres demandeurs d’asile et migrants. De même, ce plan européen devra s’accompagner d’une réponse mondiale, sous l’autorité des Nations Unies et avec la participation de ses pays membres. Ceci viendrait répartir la charge de la crise syrienne sur les épaules d’un plus grand nombre d’États, tout en permettant l’instauration de normes mondiales pour la gestion des difficultés plus largement liées aux déplacements forcés. »[19] Comme on le voit, à aucun moment Soros n’envisageait la possibilité pour l’UE de refuser les afflux massifs de Syriens, ceux-ci doivent tout simplement être organisés et répartis au mieux dans les pays européens. On parle ici, au moment où était publié ce texte, d’environ 1 million de réfugiés sans compter ceux à venir. Aujourd’hui encore, alors qu’Erdogan utilise cette masse de déracinés pour faire pression sur l’Europe, Soros appelle l’UE à soutenir Erdogan contre les intérêts même des populations de l’UE. L’instrumentalisation de ce drame humain par le régime d’Erdogan et par les réseaux Soros révèle un agenda géopolitique commun qui, pour arriver à ses fins, emploie ce que certains analystes désignent comme des armes de migration de masse. Ainsi la politologue Kelly M Greenhill, professeur à Harvard, a développé l’idée que les migrations de masse puissent être employées comme de véritables armes de guerre asymétriques non-conventionnelles, ceci tout au long de l’histoire et particulièrement durant la période moderne. Elle les désigne comme des « migrations coercitives fabriquées », une tactique qui aurait été employée partout dans le monde par toutes sortes de régimes politiques.[20] Faire la guerre par un tiers interposé constitue une méthodologie d’autant plus utilisée que les populations de l’époque contemporaine sont plus difficilement mobilisables pour aller faire la guerre directement contre leur voisin comme elles pouvaient l’être autrefois. On peut penser que sans cette masse de migrants qu’il a lui-même contribué à créer par sa politique belliciste en Syrie, Erdogan n’aurait aucun moyen ni aucun prétexte pour mobiliser ainsi des milliers d’hommes à la frontière gréco-turque contre l’UE. En illustration de la manière dont les réseaux Soros manipulent cyniquement ces armes de migration de masse, on pourrait rappeler ceci : en 2015, sur l’île grecque de Lesbos, un reporter de Sky News avait mis la main sur un véritable mini-guide de voyage du réfugié.[21] Un fascicule qui contenait des cartes, des numéros de téléphone et des adresses d’organisations susceptibles d’aider les réfugiés. Plusieurs parcours européens y étaient détaillés ainsi que les démarches à suivre pour arriver à destination. Les centres de filtrage des migrants y étaient également indiqués. L’illustration de la brochure montrait un homme regardant vers la mer. Ces manuels, rédigés en arabe, avaient été remis aux réfugiés avant leur traversée de la Méditerranée par un groupe appelé w2eu (Welcome To Europe), un réseau directement financé par l’Open Society et lié aux réseaux européens des militants « no borders ». Le drame qui se joue depuis près d’une décennie au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde voit une exacerbation de cette utilisation cynique et inhumaine de populations arrachées à leur sol national. Poussées hors de leur patrie d’origine par la guerre et le hard-power classique ou bien par le soft-power des réseaux globalistes, des masses humaines sont projetées contre d’autres à des fins géostratégiques inavouées. Une physique sociale et géopolitique qui laisse entrevoir le pire pour les années à venir en Europe si l’UE accepte le chantage migratoire d’Erdogan tel que le demande George Soros. Compte-tenu de l’influence qu’exercent les réseaux Soros sur les institutions de l’UE, le pire est envisageable en la matière. À moins que cette situation ne contribue à fracturer toujours plus l’UE entre un bloc des puissances euro-globalistes Ouest-européenne et un bloc des puissances conservatrices centre et Est-européennes et ne les poussent ainsi à augmenter les initiatives indépendantes en matière de coopération internationale. Ce qui est certain, c’est que si l’Europe veut s’épargner le destin sanglant qu’entrevoyait le politicien conservateur anglais Enoch Powell dans son célèbre discours[22], il lui faudra rapidement extirper de son sein le chancre globaliste qui la ronge et qui constitue la cause première de son déclassement contemporain. Enoch Powell prononça son appel en avril 1968, au moment même où commençait la révolution de la société ouverte dans tout l’Occident. Cette révolution qui a subverti l’Occident depuis les cinq dernières décennies arrive aujourd’hui à son apogée. Sans cette véritable cinquième colonne sorosienne, l’Europe aurait toute latitude politique pour reprendre dans le monde la place et le rang qui sont les siens et tisser ou défaire les partenariats nécessaires avec les puissances de son choix pour ce faire. Sans cela la révolution de la société ouverte aura ouvert la voie à tous les ennemis multiséculaires de notre civilisation et nous pouvons être sûr que le chaos qui a ravagé la Syrie ravagera alors bientôt l’Europe. C’est cela le projet des globalistes et des islamistes pour l’avenir de l’Europe. La rédaction de Soros Watch pour strategika.fr – 13 mars 2020 Pour soutenir notre travail : https://strategika.fr/faites-un-don/ Dans une tribune intitulé « L’Europe doit se tenir aux côtés de la Turquie au sujet des crimes de guerre de Poutine en Syrie », George Soros expose les raisons pour lesquelles, selon lui, l’Union européenne devrait soutenir les menées guerrières de Recep Tayyip Erdogan en Syrie et accepter le chantage migratoire que fait peser le président turc sur l’Europe. Au moment où Erdogan menace directement les frontières grecques de l’UE en y massant des milliers de migrants, George Soros reporte aussi la responsabilité intégrale de cette crise sur l’intervention russe en Syrie. Une orientation géopolitique qui, au vu de l’influence de Soros sur les institutions européennes, se révèle assez inquiétante pour la suite des événements. Celui-ci décrivait pourtant encore récemment la Turquie d’Erdogan comme une menace directe pour l’Union européenne. Dans un recueil de textes publié en 2019 intitulé In Defense of Open Society, Soros expliquait : « l’UE est entourée de puissances hostiles : la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan, l’Égypte d’al-Sissi, et l’Amérique que Trump voudrait faire exister mais qu’il ne parvient pas à créer ». L’Open Society Foundations (OSF) a par ailleurs mis fin à ses activités officielles en Turquie en novembre 2018 sous la pression des autorités turques. Une prise de position analysée par la rédaction de Soros Watch pour strategika.fr Pour soutenir Strategika : https://strategika.fr/faites-un-don/ Jouer la carte Erdogan contre Poutine La tribune de George Soros parue le 4 mars dernier dans le Financial Times est éclairante quant à la narration géopolitique que les réseaux de l’Open Society cherchent à faire exister depuis le début du conflit syrien. Pour Soros, Erdogan doit être considéré comme un partenaire privilégié de l’Europe et un protecteur des « civils réfugiés » face à une Russie qui est désignée quant à elle comme l’ennemi stratégique majeur de l’UE : « Le seul gouvernement qui a mis en place des forces militaires pour défendre les civils piégés à Idlib par M. Assad et son allié russe est la Turquie. Les frappes aériennes des avions russes (Moscou a nié leur rôle) ont tué 34 soldats turcs à la fin du mois dernier. Mais la Turquie n’a pas osé attaquer directement la Russie car l’armée de l’air russe est plus forte que celle de la Turquie. La Russie possède des armes nucléaires et la Turquie n’en possède pas. La Turquie a plutôt choisi de riposter contre les forces d’Assad en utilisant des drones militaires. C’est ainsi que Poutine s’en est sorti avec l’impunité pour meurtre. »[1] De manière significative, Soros rapproche aussi la situation ukrainienne avec le théâtre d’opération syrien : « En 2014, j’ai exhorté l’Europe à prendre conscience de la menace que la Russie faisait peser sur ses intérêts stratégiques, bien que dans un contexte et une géographie différente. La Russie avait envahi l’Ukraine en sachant que l’Europe chercherait à éviter toute confrontation avec Moscou. Pourtant, ce qui se passe aujourd’hui à Idlib suit le même schéma : L’Europe évite une confrontation avec la Russie sur sa politique à l’égard de la Syrie alors qu’elle devrait lui tenir tête. En se concentrant sur la crise des réfugiés que la Russie a créée, l’Europe s’attaque au symptôme et non à la cause. » [2] Soros va jusqu’à présenter la Russie et l’État syrien comme les responsables volontaires de la fuite vers la Turquie et l’Europe des flux de personnes déplacées par le conflit syrien : « Une Europe déterminée à limiter l’afflux de réfugiés doit admettre que la Turquie a déjà supporté le poids du logement des millions de Syriens déplacés de leur pays. La Turquie héberge déjà 3,5 millions de réfugiés syriens sur son territoire. Elle ne peut pas absorber le million supplémentaire que M. Assad et M. Poutine poussent vers ses frontières (nous soulignons-NDA). (…) L’Europe devrait donc chercher à renforcer la position de négociation du président turc Recep Tayyip Erdogan avec M. Poutine pour essayer de parvenir à un cessez-le-feu qui préserverait une “zone de sécurité” à Idlib pour les réfugiés syriens. J’espère que cela mettrait également les crimes de guerre de M. Poutine au centre de la conversation européenne. »[3] Rappelons que Vladimir Poutine avait expliqué dès octobre 2019 que l’invasion du nord de la Syrie par la Turquie aurait pour conséquences l’évasion et la dispersion de milliers de combattants de Daech. [4] Faisant fi de la chronologie du conflit en Syrie et des raisons réelles de l’intervention militaire russe, George Soros présente la Russie comme la responsable de la crise actuelle allant jusqu’à énoncer une théorie du complot russe. La Russie ayant comme stratégie et but militaire, non seulement d’organiser l’exode massif de syriens vers l’UE mais aussi de remettre en cause les règles du droit international en vigueur depuis 1945 : « Depuis le début de son intervention en Syrie en septembre 2015, la Russie n’a pas seulement cherché à maintenir en place son plus fidèle allié arabe, le président syrien Bachar al-Assad. Elle a également voulu retrouver l’influence régionale et mondiale qu’elle a perdue depuis la chute de l’Union soviétique. Vladimir Poutine a cherché à utiliser la tourmente au Moyen-Orient pour effacer les normes internationales et les progrès du droit humanitaire international réalisés depuis la Seconde Guerre mondiale. En fait, la création de la catastrophe humanitaire qui a transformé près de 6 millions de Syriens en réfugiés n’a pas été un sous-produit de la stratégie du président russe en Syrie. C’était l’un de ses principaux objectifs (nous soulignons-NDA). »[5] Assad reçoit aussi au passage le titre de « dirigeant le plus barbare que le monde ait connu depuis Joseph Staline ». [6] L’anti-Soros Erdogan devient un allié de circonstance L’état des droits humains en Turquie n’est que timidement évoqué dans cet appel à soutenir un régime et un président qui ne relève pas, à proprement dit, des standards sociétaux qu’appelle de ses vœux le richissime magnat de l’humanitaire : « L’Europe ne doit pas oublier comment la Turquie peut également traiter son propre peuple – en témoigne la force téméraire qu’elle a utilisée contre les Kurdes. Mais en ce qui concerne la Syrie au moins, la Turquie mérite le soutien de l’Europe. »[7] L’Open Society Foundations (OSF) a d’ailleurs mis fin à ses activités officielles en Turquie en novembre 2018. Le président turc dénonçait alors ouvertement George Soros d’avoir financé Osman Kavala, un homme d’affaires libéral turc accusé par le régime d’Erdogan d’être à l’origine des manifestations d’Istanbul en 2013, manifestations qui débouchèrent sur des rassemblements antigouvernementaux d’ampleur nationale. Le 18 février dernier, Osman Kavala fût acquitté en même temps que huit suspects accusés comme lui d’avoir organisé les manifestations de 2013 d’Istanbul. Pourtant, quelques heures à peine après son acquittement, Osman Kavala sera arrêté à nouveau sur ordre du parquet d’Istanbul, cette fois pour sa participation présumée au coup d’État manqué de 2016. Une décision qu’Erdogan commentera ainsi lors d’un discours au Parlement, qui a été diffusé en direct par la chaîne turque NTV : « La tentative d’acquitter Kavala n’est rien d’autre qu’une manœuvre tactique de conspirateurs étrangers comme Soros, conspirateurs qui sont engagés dans la provocation de protestations contre les gouvernements légitimes des pays » [8] Régulièrement, Erdogan accuse le « célèbre juif hongrois George Soros » de soutenir Osman Kavala et l’opposition sociale-libérale en Turquie.[9] Pour autant, comme en Ukraine, Soros préconise pour l’UE de détourner le regard au sujet des positions moyennement démocratiques de son allié de circonstance. Ceci afin de faire feu de tout bois face à ce qui est présenté comme l’ennemi global de la paix et de l’équilibre des relations internationales : la Russie de Vladimir Poutine. Le président Recep Tayyip Erdoğan et le spéculateur globaliste George Soros à la même table au forum de Davos en 2003. Source : https://teyit.org/en/the-claim-that-a-photo-shows-erdogan-and-soros-at-the-same-table/ Cette tribune semble avoir en fait pour vocation première de rappeler aux responsables de l’Union européenne et de l’OTAN que la Russie reste le principal frein quant aux intérêts géostratégiques globalistes en Europe et au Moyen-Orient, quelles que puissent être les actions d’Erdogan contre l’UE. On ne peut reprocher à George Soros de ne pas savoir désigner l’ennemi prioritaire de son projet à l’échelle internationale. Comme il le rappelle, la Russie est une puissance nucléaire capable de projection à l’échelle intercontinentale, la Turquie, malgré son rang de seconde armée de l’OTAN ne l’est pas[10]. George Soros désigne ainsi régulièrement la Russie comme l’ennemi majeur de son projet d’État mondial et de fin des États-nations, un projet qu’il désigne de manière opératoire et manipulatoire sous le terme de société ouverte. Comme en 2016, quand Soros expliquait que « Poutine constitue une menace plus grande pour l’existence de l’Europe que Daesh »[11], en 2020 c’est désormais l’« anti-Soros » Erdogan qui constitue une menace moins grande que Poutine pour la société ouverte. Depuis plusieurs décennies la Russie représente pour Soros l’ennemi géopolitique prioritaire. Abattre et défaire la puissance et le rayonnement géopolitique de la Russie sont des impératifs stratégiques des réseaux de la société ouverte depuis les années 90. Cette époque de l’unipolarité triomphante durant laquelle il écrivait son livre programmatique « Opening The Soviet System » et investissait alors des millions pour influencer le personnel politique, journalistique, artistique et scientifique des anciens pays du pacte de Varsovie. De cette époque jusqu’à son actuel soutien à tous les ennemis des intérêts russes en Syrie ou en Ukraine, toutes les alliances de circonstance sont bonnes si elles peuvent permettre d’affaiblir la seule puissance nucléaire un tant soit peu chrétienne encore décidée à maintenir une forme spécifique de destin historique et de souveraineté étatique. Face à cette volonté, si ce n’est de puissance mais au moins de stabilité et de continuité historique et géopolitique, tout doit être entrepris pour empêcher une convergence stratégique entre une UE sous domination de l’OTAN et une Russie qui n’abandonne pas ses marches géopolitiques ni ses intérêts extérieurs. Une ligne de conduite réaliste qui devrait inspirer les Européens s’ils ne veulent pas finir complètement déchiquetés dans les affrontements géopolitiques contemporains et être réduit à terme à l’impuissance stratégique. Les armes d’immigration massive contre l’Europe et la Russie En 2016, Soros développait déjà cette théorie du complot d’une Russie qui cherche à détruire l’UE en utilisant les flux de réfugiés syriens. Sur une ligne similaire à celle du défunt néo-conservateur John McCain[12], Soros expliquait : « Les dirigeants des États-Unis et de l’UE commettent une grave erreur en pensant que la Russie du président Vladimir Poutine est un allié potentiel dans la lutte contre l’État islamique. Les preuves les contredisent. L’objectif de Poutine est de favoriser la désintégration de l’UE, et le meilleur moyen d’y parvenir est d’inonder l’Europe de réfugiés syriens. »[13] Pour Soros, la Russie qui fait face à une crise structurelle interne veut détruire l’UE afin d’éviter de s’effondrer sur elle-même par suite des sanctions occidentales : « Le déficit budgétaire de la Russie s’élève à 7 % du PIB, et le gouvernement devra le ramener à 3 % afin d’éviter que l’inflation ne devienne incontrôlable. Le fonds de sécurité sociale russe est à court d’argent et doit être fusionné avec le fonds d’infrastructure du gouvernement afin d’être reconstitué. Ces développements et d’autres encore auront un effet négatif sur le niveau de vie et l’opinion de l’électorat avant les élections législatives de cet automne. Le moyen le plus efficace pour le régime de Poutine d’éviter l’effondrement est de faire s’effondrer l’UE plus tôt. Une UE qui se désagrège à la limite ne pourra pas maintenir les sanctions qu’elle a imposées à la Russie à la suite de son incursion en Ukraine. Au contraire, Poutine pourra tirer des avantages économiques considérables de la division de l’Europe et de l’exploitation des liens avec les intérêts commerciaux et les partis anti-européens qu’il a soigneusement cultivés. » [14] Pour Soros, la Russie emploierait donc l’arme migratoire afin de détruire l’UE, ni plus ni moins : « Le meilleur moyen pour la Russie d’éviter l’effondrement est de faire imploser l’UE en premier lieu – en exacerbant la crise migratoire et en alimentant l’islamophobie » [15] Soros défend cette narration complotiste depuis le début de l’engagement russe en Syrie. Rappelons que le conflit syrien a débuté en 2011 et que l’intervention militaire russe en Syrie a commencé quant à elle à partir d’octobre 2015. Les flux massifs de Syriens fuyant l’effondrement de l’État syrien ont donc commencé bien avant l’intervention russe. C’est une évidence qu’il convient ici de rappeler : l’intervention russe et son soutien à l’État syrien légitime attaqué de toutes parts sont venus freiner l’hémorragie de personnes fuyant la Syrie. L’effondrement complet de l’État syrien aurait causé une catastrophe régionale et internationale sans commune mesure avec celle actuelle. Générant alors des flots de populations ininterrompus sur les pays avoisinants puis jusqu’en Europe et dans le Caucase russe via la Turquie et même via l’Iran qui aurait été déstabilisée à son tour. Une situation qui aurait donné à la nébuleuse islamiste des capacités de projection encore plus dramatiques que celles qui ont déjà ensanglantées l’Europe depuis le début de la guerre. En revanche, si l’on regarde de plus près les responsabilités de la crise migratoire géante qu’affronte l’UE depuis le début de la guerre en Syrie, on se rend vite compte du rôle qu’ont joué les ONG liées à l’Open Society. George Soros lui-même a clairement une responsabilité personnelle dans la gestion catastrophique de la question migratoire par l’Union européenne depuis 2015. En septembre 2016 George Soros promettait d’investir 500 millions de dollars de placements en actions dans des investissements qui bénéficient aux migrants [16]. Le budget que l’Open Society consacrait à la seule question migratoire en 2018 était de 63,3 millions de dollars. Mais Soros ne s’est pas contenté de soutenir les ONG qui militent pour la réinstallation des migrants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord en Europe, il a aussi contribué personnellement à l’élaboration du « Plan Merkel », un plan conçu par l’ESI (European Stability Initiative), dont le président, Gerald Knaus, est membre de l’OSF. Selon ce plan, l’Allemagne devait accorder l’asile à 500 000 réfugiés syriens. Gerald Knaus est aussi membre de l’ECFR – European Council on Foreign Relations – auquel Strategika consacre l’un de ses dossiers Soros Watch. Le plan initial de Soros, intitulé « Rebâtir le système du droit d’asile »[17],donnait en fait les directives à suivre pour que l’Europe ne soit plus qu’un couloir de passage ouvert à toutes les migrations venues d’Afrique et d’Orient, une sorte de « hub » continental de l’immigration planétaire dans l’esprit de ce qui est présenté dans le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », le fameux « Pacte de Marrakech ».[18] Dans ce texte publié en 2015, Soros y expliquait entre autres : « L’UE a désormais besoin d’un plan global de réponse à cette crise, qui réaffirme l’efficacité de la gouvernance sur les flux de demandeurs d’asile, afin que les migrations puissent s’effectuer dans l’ordre et la sécurité, à un rythme adapté aux capacités européennes d’absorption des réfugiés. Afin d’être complet, ce plan devra s’étendre au-delà des frontières de l’Europe. La situation est moins chaotique, et beaucoup moins coûteuse, lorsque les demandeurs d’asile potentiels demeurent au sein ou proches de leur localisation actuelle. (…) le sort de la population syrienne doit être inscrit au plus haut des priorités, sans pour autant que soient oubliés d’autres demandeurs d’asile et migrants. De même, ce plan européen devra s’accompagner d’une réponse mondiale, sous l’autorité des Nations Unies et avec la participation de ses pays membres. Ceci viendrait répartir la charge de la crise syrienne sur les épaules d’un plus grand nombre d’États, tout en permettant l’instauration de normes mondiales pour la gestion des difficultés plus largement liées aux déplacements forcés. »[19] Comme on le voit, à aucun moment Soros n’envisageait la possibilité pour l’UE de refuser les afflux massifs de Syriens, ceux-ci doivent tout simplement être organisés et répartis au mieux dans les pays européens. On parle ici, au moment où était publié ce texte, d’environ 1 million de réfugiés sans compter ceux à venir. Aujourd’hui encore, alors qu’Erdogan utilise cette masse de déracinés pour faire pression sur l’Europe, Soros appelle l’UE à soutenir Erdogan contre les intérêts même des populations de l’UE. L’instrumentalisation de ce drame humain par le régime d’Erdogan et par les réseaux Soros révèle un agenda géopolitique commun qui, pour arriver à ses fins, emploie ce que certains analystes désignent comme des armes de migration de masse. Ainsi la politologue Kelly M Greenhill, professeur à Harvard, a développé l’idée que les migrations de masse puissent être employées comme de véritables armes de guerre asymétriques non-conventionnelles, ceci tout au long de l’histoire et particulièrement durant la période moderne. Elle les désigne comme des « migrations coercitives fabriquées », une tactique qui aurait été employée partout dans le monde par toutes sortes de régimes politiques.[20] Faire la guerre par un tiers interposé constitue une méthodologie d’autant plus utilisée que les populations de l’époque contemporaine sont plus difficilement mobilisables pour aller faire la guerre directement contre leur voisin comme elles pouvaient l’être autrefois. On peut penser que sans cette masse de migrants qu’il a lui-même contribué à créer par sa politique belliciste en Syrie, Erdogan n’aurait aucun moyen ni aucun prétexte pour mobiliser ainsi des milliers d’hommes à la frontière gréco-turque contre l’UE. En illustration de la manière dont les réseaux Soros manipulent cyniquement ces armes de migration de masse, on pourrait rappeler ceci : en 2015, sur l’île grecque de Lesbos, un reporter de Sky News avait mis la main sur un véritable mini-guide de voyage du réfugié.[21] Un fascicule qui contenait des cartes, des numéros de téléphone et des adresses d’organisations susceptibles d’aider les réfugiés. Plusieurs parcours européens y étaient détaillés ainsi que les démarches à suivre pour arriver à destination. Les centres de filtrage des migrants y étaient également indiqués. L’illustration de la brochure montrait un homme regardant vers la mer. Ces manuels, rédigés en arabe, avaient été remis aux réfugiés avant leur traversée de la Méditerranée par un groupe appelé w2eu (Welcome To Europe), un réseau directement financé par l’Open Society et lié aux réseaux européens des militants « no borders ». Le drame qui se joue depuis près d’une décennie au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde voit une exacerbation de cette utilisation cynique et inhumaine de populations arrachées à leur sol national. Poussées hors de leur patrie d’origine par la guerre et le hard-power classique ou bien par le soft-power des réseaux globalistes, des masses humaines sont projetées contre d’autres à des fins géostratégiques inavouées. Une physique sociale et géopolitique qui laisse entrevoir le pire pour les années à venir en Europe si l’UE accepte le chantage migratoire d’Erdogan tel que le demande George Soros. Compte-tenu de l’influence qu’exercent les réseaux Soros sur les institutions de l’UE, le pire est envisageable en la matière. À moins que cette situation ne contribue à fracturer toujours plus l’UE entre un bloc des puissances euro-globalistes Ouest-européenne et un bloc des puissances conservatrices centre et Est-européennes et ne les poussent ainsi à augmenter les initiatives indépendantes en matière de coopération internationale. Ce qui est certain, c’est que si l’Europe veut s’épargner le destin sanglant qu’entrevoyait le politicien conservateur anglais Enoch Powell dans son célèbre discours[22], il lui faudra rapidement extirper de son sein le chancre globaliste qui la ronge et qui constitue la cause première de son déclassement contemporain. Enoch Powell prononça son appel en avril 1968, au moment même où commençait la révolution de la société ouverte dans tout l’Occident. Cette révolution qui a subverti l’Occident depuis les cinq dernières décennies arrive aujourd’hui à son apogée. Sans cette véritable cinquième colonne sorosienne, l’Europe aurait toute latitude politique pour reprendre dans le monde la place et le rang qui sont les siens et tisser ou défaire les partenariats nécessaires avec les puissances de son choix pour ce faire. Sans cela la révolution de la société ouverte aura ouvert la voie à tous les ennemis multiséculaires de notre civilisation et nous pouvons être sûr que le chaos qui a ravagé la Syrie ravagera alors bientôt l’Europe. C’est cela le projet des globalistes et des islamistes pour l’avenir de l’Europe. La rédaction de Soros Watch pour strategika.fr – 13 mars 2020 Pour soutenir notre travail : https://strategika.fr/faites-un-don/ Dans une tribune intitulé « L’Europe doit se tenir aux côtés de la Turquie au sujet des crimes de guerre de Poutine en Syrie », George Soros expose les raisons pour lesquelles, selon lui, l’Union européenne devrait soutenir les menées guerrières de Recep Tayyip Erdogan en Syrie et accepter le chantage migratoire que fait peser le président turc sur l’Europe. Au moment où Erdogan menace directement les frontières grecques de l’UE en y massant des milliers de migrants, George Soros reporte aussi la responsabilité intégrale de cette crise sur l’intervention russe en Syrie. Une orientation géopolitique qui, au vu de l’influence de Soros sur les institutions européennes, se révèle assez inquiétante pour la suite des événements. Celui-ci décrivait pourtant encore récemment la Turquie d’Erdogan comme une menace directe pour l’Union européenne. Dans un recueil de textes publié en 2019 intitulé In Defense of Open Society, Soros expliquait : « l’UE est entourée de puissances hostiles : la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan, l’Égypte d’al-Sissi, et l’Amérique que Trump voudrait faire exister mais qu’il ne parvient pas à créer ». L’Open Society Foundations (OSF) a par ailleurs mis fin à ses activités officielles en Turquie en novembre 2018 sous la pression des autorités turques. Une prise de position analysée par la rédaction de Soros Watch pour strategika.fr Pour soutenir Strategika : https://strategika.fr/faites-un-don/ Jouer la carte Erdogan contre Poutine La tribune de George Soros parue le 4 mars dernier dans le Financial Times est éclairante quant à la narration géopolitique que les réseaux de l’Open Society cherchent à faire exister depuis le début du conflit syrien. Pour Soros, Erdogan doit être considéré comme un partenaire privilégié de l’Europe et un protecteur des « civils réfugiés » face à une Russie qui est désignée quant à elle comme l’ennemi stratégique majeur de l’UE : « Le seul gouvernement qui a mis en place des forces militaires pour défendre les civils piégés à Idlib par M. Assad et son allié russe est la Turquie. Les frappes aériennes des avions russes (Moscou a nié leur rôle) ont tué 34 soldats turcs à la fin du mois dernier. Mais la Turquie n’a pas osé attaquer directement la Russie car l’armée de l’air russe est plus forte que celle de la Turquie. La Russie possède des armes nucléaires et la Turquie n’en possède pas. La Turquie a plutôt choisi de riposter contre les forces d’Assad en utilisant des drones militaires. C’est ainsi que Poutine s’en est sorti avec l’impunité pour meurtre. »[1] De manière significative, Soros rapproche aussi la situation ukrainienne avec le théâtre d’opération syrien : « En 2014, j’ai exhorté l’Europe à prendre conscience de la menace que la Russie faisait peser sur ses intérêts stratégiques, bien que dans un contexte et une géographie différente. La Russie avait envahi l’Ukraine en sachant que l’Europe chercherait à éviter toute confrontation avec Moscou. Pourtant, ce qui se passe aujourd’hui à Idlib suit le même schéma : L’Europe évite une confrontation avec la Russie sur sa politique à l’égard de la Syrie alors qu’elle devrait lui tenir tête. En se concentrant sur la crise des réfugiés que la Russie a créée, l’Europe s’attaque au symptôme et non à la cause. » [2] Soros va jusqu’à présenter la Russie et l’État syrien comme les responsables volontaires de la fuite vers la Turquie et l’Europe des flux de personnes déplacées par le conflit syrien : « Une Europe déterminée à limiter l’afflux de réfugiés doit admettre que la Turquie a déjà supporté le poids du logement des millions de Syriens déplacés de leur pays. La Turquie héberge déjà 3,5 millions de réfugiés syriens sur son territoire. Elle ne peut pas absorber le million supplémentaire que M. Assad et M. Poutine poussent vers ses frontières (nous soulignons-NDA). (…) L’Europe devrait donc chercher à renforcer la position de négociation du président turc Recep Tayyip Erdogan avec M. Poutine pour essayer de parvenir à un cessez-le-feu qui préserverait une “zone de sécurité” à Idlib pour les réfugiés syriens. J’espère que cela mettrait également les crimes de guerre de M. Poutine au centre de la conversation européenne. »[3] Rappelons que Vladimir Poutine avait expliqué dès octobre 2019 que l’invasion du nord de la Syrie par la Turquie aurait pour conséquences l’évasion et la dispersion de milliers de combattants de Daech. [4] Faisant fi de la chronologie du conflit en Syrie et des raisons réelles de l’intervention militaire russe, George Soros présente la Russie comme la responsable de la crise actuelle allant jusqu’à énoncer une théorie du complot russe. La Russie ayant comme stratégie et but militaire, non seulement d’organiser l’exode massif de syriens vers l’UE mais aussi de remettre en cause les règles du droit international en vigueur depuis 1945 : « Depuis le début de son intervention en Syrie en septembre 2015, la Russie n’a pas seulement cherché à maintenir en place son plus fidèle allié arabe, le président syrien Bachar al-Assad. Elle a également voulu retrouver l’influence régionale et mondiale qu’elle a perdue depuis la chute de l’Union soviétique. Vladimir Poutine a cherché à utiliser la tourmente au Moyen-Orient pour effacer les normes internationales et les progrès du droit humanitaire international réalisés depuis la Seconde Guerre mondiale. En fait, la création de la catastrophe humanitaire qui a transformé près de 6 millions de Syriens en réfugiés n’a pas été un sous-produit de la stratégie du président russe en Syrie. C’était l’un de ses principaux objectifs (nous soulignons-NDA). »[5] Assad reçoit aussi au passage le titre de « dirigeant le plus barbare que le monde ait connu depuis Joseph Staline ». [6] L’anti-Soros Erdogan devient un allié de circonstance L’état des droits humains en Turquie n’est que timidement évoqué dans cet appel à soutenir un régime et un président qui ne relève pas, à proprement dit, des standards sociétaux qu’appelle de ses vœux le richissime magnat de l’humanitaire : « L’Europe ne doit pas oublier comment la Turquie peut également traiter son propre peuple – en témoigne la force téméraire qu’elle a utilisée contre les Kurdes. Mais en ce qui concerne la Syrie au moins, la Turquie mérite le soutien de l’Europe. »[7] L’Open Society Foundations (OSF) a d’ailleurs mis fin à ses activités officielles en Turquie en novembre 2018. Le président turc dénonçait alors ouvertement George Soros d’avoir financé Osman Kavala, un homme d’affaires libéral turc accusé par le régime d’Erdogan d’être à l’origine des manifestations d’Istanbul en 2013, manifestations qui débouchèrent sur des rassemblements antigouvernementaux d’ampleur nationale. Le 18 février dernier, Osman Kavala fût acquitté en même temps que huit suspects accusés comme lui d’avoir organisé les manifestations de 2013 d’Istanbul. Pourtant, quelques heures à peine après son acquittement, Osman Kavala sera arrêté à nouveau sur ordre du parquet d’Istanbul, cette fois pour sa participation présumée au coup d’État manqué de 2016. Une décision qu’Erdogan commentera ainsi lors d’un discours au Parlement, qui a été diffusé en direct par la chaîne turque NTV : « La tentative d’acquitter Kavala n’est rien d’autre qu’une manœuvre tactique de conspirateurs étrangers comme Soros, conspirateurs qui sont engagés dans la provocation de protestations contre les gouvernements légitimes des pays » [8] Régulièrement, Erdogan accuse le « célèbre juif hongrois George Soros » de soutenir Osman Kavala et l’opposition sociale-libérale en Turquie.[9] Pour autant, comme en Ukraine, Soros préconise pour l’UE de détourner le regard au sujet des positions moyennement démocratiques de son allié de circonstance. Ceci afin de faire feu de tout bois face à ce qui est présenté comme l’ennemi global de la paix et de l’équilibre des relations internationales : la Russie de Vladimir Poutine. Le président Recep Tayyip Erdoğan et le spéculateur globaliste George Soros à la même table au forum de Davos en 2003. Source : https://teyit.org/en/the-claim-that-a-photo-shows-erdogan-and-soros-at-the-same-table/ Cette tribune semble avoir en fait pour vocation première de rappeler aux responsables de l’Union européenne et de l’OTAN que la Russie reste le principal frein quant aux intérêts géostratégiques globalistes en Europe et au Moyen-Orient, quelles que puissent être les actions d’Erdogan contre l’UE. On ne peut reprocher à George Soros de ne pas savoir désigner l’ennemi prioritaire de son projet à l’échelle internationale. Comme il le rappelle, la Russie est une puissance nucléaire capable de projection à l’échelle intercontinentale, la Turquie, malgré son rang de seconde armée de l’OTAN ne l’est pas[10]. George Soros désigne ainsi régulièrement la Russie comme l’ennemi majeur de son projet d’État mondial et de fin des États-nations, un projet qu’il désigne de manière opératoire et manipulatoire sous le terme de société ouverte. Comme en 2016, quand Soros expliquait que « Poutine constitue une menace plus grande pour l’existence de l’Europe que Daesh »[11], en 2020 c’est désormais l’« anti-Soros » Erdogan qui constitue une menace moins grande que Poutine pour la société ouverte. Depuis plusieurs décennies la Russie représente pour Soros l’ennemi géopolitique prioritaire. Abattre et défaire la puissance et le rayonnement géopolitique de la Russie sont des impératifs stratégiques des réseaux de la société ouverte depuis les années 90. Cette époque de l’unipolarité triomphante durant laquelle il écrivait son livre programmatique « Opening The Soviet System » et investissait alors des millions pour influencer le personnel politique, journalistique, artistique et scientifique des anciens pays du pacte de Varsovie. De cette époque jusqu’à son actuel soutien à tous les ennemis des intérêts russes en Syrie ou en Ukraine, toutes les alliances de circonstance sont bonnes si elles peuvent permettre d’affaiblir la seule puissance nucléaire un tant soit peu chrétienne encore décidée à maintenir une forme spécifique de destin historique et de souveraineté étatique. Face à cette volonté, si ce n’est de puissance mais au moins de stabilité et de continuité historique et géopolitique, tout doit être entrepris pour empêcher une convergence stratégique entre une UE sous domination de l’OTAN et une Russie qui n’abandonne pas ses marches géopolitiques ni ses intérêts extérieurs. Une ligne de conduite réaliste qui devrait inspirer les Européens s’ils ne veulent pas finir complètement déchiquetés dans les affrontements géopolitiques contemporains et être réduit à terme à l’impuissance stratégique. Les armes d’immigration massive contre l’Europe et la Russie En 2016, Soros développait déjà cette théorie du complot d’une Russie qui cherche à détruire l’UE en utilisant les flux de réfugiés syriens. Sur une ligne similaire à celle du défunt néo-conservateur John McCain[12], Soros expliquait : « Les dirigeants des États-Unis et de l’UE commettent une grave erreur en pensant que la Russie du président Vladimir Poutine est un allié potentiel dans la lutte contre l’État islamique. Les preuves les contredisent. L’objectif de Poutine est de favoriser la désintégration de l’UE, et le meilleur moyen d’y parvenir est d’inonder l’Europe de réfugiés syriens. »[13] Pour Soros, la Russie qui fait face à une crise structurelle interne veut détruire l’UE afin d’éviter de s’effondrer sur elle-même par suite des sanctions occidentales : « Le déficit budgétaire de la Russie s’élève à 7 % du PIB, et le gouvernement devra le ramener à 3 % afin d’éviter que l’inflation ne devienne incontrôlable. Le fonds de sécurité sociale russe est à court d’argent et doit être fusionné avec le fonds d’infrastructure du gouvernement afin d’être reconstitué. Ces développements et d’autres encore auront un effet négatif sur le niveau de vie et l’opinion de l’électorat avant les élections législatives de cet automne. Le moyen le plus efficace pour le régime de Poutine d’éviter l’effondrement est de faire s’effondrer l’UE plus tôt. Une UE qui se désagrège à la limite ne pourra pas maintenir les sanctions qu’elle a imposées à la Russie à la suite de son incursion en Ukraine. Au contraire, Poutine pourra tirer des avantages économiques considérables de la division de l’Europe et de l’exploitation des liens avec les intérêts commerciaux et les partis anti-européens qu’il a soigneusement cultivés. » [14] Pour Soros, la Russie emploierait donc l’arme migratoire afin de détruire l’UE, ni plus ni moins : « Le meilleur moyen pour la Russie d’éviter l’effondrement est de faire imploser l’UE en premier lieu – en exacerbant la crise migratoire et en alimentant l’islamophobie » [15] Soros défend cette narration complotiste depuis le début de l’engagement russe en Syrie. Rappelons que le conflit syrien a débuté en 2011 et que l’intervention militaire russe en Syrie a commencé quant à elle à partir d’octobre 2015. Les flux massifs de Syriens fuyant l’effondrement de l’État syrien ont donc commencé bien avant l’intervention russe. C’est une évidence qu’il convient ici de rappeler : l’intervention russe et son soutien à l’État syrien légitime attaqué de toutes parts sont venus freiner l’hémorragie de personnes fuyant la Syrie. L’effondrement complet de l’État syrien aurait causé une catastrophe régionale et internationale sans commune mesure avec celle actuelle. Générant alors des flots de populations ininterrompus sur les pays avoisinants puis jusqu’en Europe et dans le Caucase russe via la Turquie et même via l’Iran qui aurait été déstabilisée à son tour. Une situation qui aurait donné à la nébuleuse islamiste des capacités de projection encore plus dramatiques que celles qui ont déjà ensanglantées l’Europe depuis le début de la guerre. En revanche, si l’on regarde de plus près les responsabilités de la crise migratoire géante qu’affronte l’UE depuis le début de la guerre en Syrie, on se rend vite compte du rôle qu’ont joué les ONG liées à l’Open Society. George Soros lui-même a clairement une responsabilité personnelle dans la gestion catastrophique de la question migratoire par l’Union européenne depuis 2015. En septembre 2016 George Soros promettait d’investir 500 millions de dollars de placements en actions dans des investissements qui bénéficient aux migrants [16]. Le budget que l’Open Society consacrait à la seule question migratoire en 2018 était de 63,3 millions de dollars. Mais Soros ne s’est pas contenté de soutenir les ONG qui militent pour la réinstallation des migrants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord en Europe, il a aussi contribué personnellement à l’élaboration du « Plan Merkel », un plan conçu par l’ESI (European Stability Initiative), dont le président, Gerald Knaus, est membre de l’OSF. Selon ce plan, l’Allemagne devait accorder l’asile à 500 000 réfugiés syriens. Gerald Knaus est aussi membre de l’ECFR – European Council on Foreign Relations – auquel Strategika consacre l’un de ses dossiers Soros Watch. Le plan initial de Soros, intitulé « Rebâtir le système du droit d’asile »[17],donnait en fait les directives à suivre pour que l’Europe ne soit plus qu’un couloir de passage ouvert à toutes les migrations venues d’Afrique et d’Orient, une sorte de « hub » continental de l’immigration planétaire dans l’esprit de ce qui est présenté dans le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », le fameux « Pacte de Marrakech ».[18] Dans ce texte publié en 2015, Soros y expliquait entre autres : « L’UE a désormais besoin d’un plan global de réponse à cette crise, qui réaffirme l’efficacité de la gouvernance sur les flux de demandeurs d’asile, afin que les migrations puissent s’effectuer dans l’ordre et la sécurité, à un rythme adapté aux capacités européennes d’absorption des réfugiés. Afin d’être complet, ce plan devra s’étendre au-delà des frontières de l’Europe. La situation est moins chaotique, et beaucoup moins coûteuse, lorsque les demandeurs d’asile potentiels demeurent au sein ou proches de leur localisation actuelle. (…) le sort de la population syrienne doit être inscrit au plus haut des priorités, sans pour autant que soient oubliés d’autres demandeurs d’asile et migrants. De même, ce plan européen devra s’accompagner d’une réponse mondiale, sous l’autorité des Nations Unies et avec la participation de ses pays membres. Ceci viendrait répartir la charge de la crise syrienne sur les épaules d’un plus grand nombre d’États, tout en permettant l’instauration de normes mondiales pour la gestion des difficultés plus largement liées aux déplacements forcés. »[19] Comme on le voit, à aucun moment Soros n’envisageait la possibilité pour l’UE de refuser les afflux massifs de Syriens, ceux-ci doivent tout simplement être organisés et répartis au mieux dans les pays européens. On parle ici, au moment où était publié ce texte, d’environ 1 million de réfugiés sans compter ceux à venir. Aujourd’hui encore, alors qu’Erdogan utilise cette masse de déracinés pour faire pression sur l’Europe, Soros appelle l’UE à soutenir Erdogan contre les intérêts même des populations de l’UE. L’instrumentalisation de ce drame humain par le régime d’Erdogan et par les réseaux Soros révèle un agenda géopolitique commun qui, pour arriver à ses fins, emploie ce que certains analystes désignent comme des armes de migration de masse. Ainsi la politologue Kelly M Greenhill, professeur à Harvard, a développé l’idée que les migrations de masse puissent être employées comme de véritables armes de guerre asymétriques non-conventionnelles, ceci tout au long de l’histoire et particulièrement durant la période moderne. Elle les désigne comme des « migrations coercitives fabriquées », une tactique qui aurait été employée partout dans le monde par toutes sortes de régimes politiques.[20] Faire la guerre par un tiers interposé constitue une méthodologie d’autant plus utilisée que les populations de l’époque contemporaine sont plus difficilement mobilisables pour aller faire la guerre directement contre leur voisin comme elles pouvaient l’être autrefois. On peut penser que sans cette masse de migrants qu’il a lui-même contribué à créer par sa politique belliciste en Syrie, Erdogan n’aurait aucun moyen ni aucun prétexte pour mobiliser ainsi des milliers d’hommes à la frontière gréco-turque contre l’UE. En illustration de la manière dont les réseaux Soros manipulent cyniquement ces armes de migration de masse, on pourrait rappeler ceci : en 2015, sur l’île grecque de Lesbos, un reporter de Sky News avait mis la main sur un véritable mini-guide de voyage du réfugié.[21] Un fascicule qui contenait des cartes, des numéros de téléphone et des adresses d’organisations susceptibles d’aider les réfugiés. Plusieurs parcours européens y étaient détaillés ainsi que les démarches à suivre pour arriver à destination. Les centres de filtrage des migrants y étaient également indiqués. L’illustration de la brochure montrait un homme regardant vers la mer. Ces manuels, rédigés en arabe, avaient été remis aux réfugiés avant leur traversée de la Méditerranée par un groupe appelé w2eu (Welcome To Europe), un réseau directement financé par l’Open Society et lié aux réseaux européens des militants « no borders ». Le drame qui se joue depuis près d’une décennie au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde voit une exacerbation de cette utilisation cynique et inhumaine de populations arrachées à leur sol national. Poussées hors de leur patrie d’origine par la guerre et le hard-power classique ou bien par le soft-power des réseaux globalistes, des masses humaines sont projetées contre d’autres à des fins géostratégiques inavouées. Une physique sociale et géopolitique qui laisse entrevoir le pire pour les années à venir en Europe si l’UE accepte le chantage migratoire d’Erdogan tel que le demande George Soros. Compte-tenu de l’influence qu’exercent les réseaux Soros sur les institutions de l’UE, le pire est envisageable en la matière. À moins que cette situation ne contribue à fracturer toujours plus l’UE entre un bloc des puissances euro-globalistes Ouest-européenne et un bloc des puissances conservatrices centre et Est-européennes et ne les poussent ainsi à augmenter les initiatives indépendantes en matière de coopération internationale. Ce qui est certain, c’est que si l’Europe veut s’épargner le destin sanglant qu’entrevoyait le politicien conservateur anglais Enoch Powell dans son célèbre discours[22], il lui faudra rapidement extirper de son sein le chancre globaliste qui la ronge et qui constitue la cause première de son déclassement contemporain. Enoch Powell prononça son appel en avril 1968, au moment même où commençait la révolution de la société ouverte dans tout l’Occident. Cette révolution qui a subverti l’Occident depuis les cinq dernières décennies arrive aujourd’hui à son apogée. Sans cette véritable cinquième colonne sorosienne, l’Europe aurait toute latitude politique pour reprendre dans le monde la place et le rang qui sont les siens et tisser ou défaire les partenariats nécessaires avec les puissances de son choix pour ce faire. Sans cela la révolution de la société ouverte aura ouvert la voie à tous les ennemis multiséculaires de notre civilisation et nous pouvons être sûr que le chaos qui a ravagé la Syrie ravagera alors bientôt l’Europe. C’est cela le projet des globalistes et des islamistes pour l’avenir de l’Europe. La rédaction de Soros Watch pour strategika.fr – 13 mars 2020 Pour soutenir notre travail : https://strategika.fr/faites-un-don/ [1] Europe must stand with Turkey over Putin’s war crimes in Syria – Focusing on the refugee crisis Russia has created addresses symptoms not the cause – Financial Times – George Soros 4 March 2020 – https://www.ft.com/content/ae0b560c-5e03-11ea-ac5e-df00963c20e6 [2] Europe must stand with Turkey over Putin’s war crimes in Syria – Focusing on the refugee crisis Russia has created addresses symptoms not the cause – George Soros 4 March 2020 – https://www.ft.com/content/ae0b560c-5e03-11ea-ac5e-df00963c20e6 [3] Ibid [4] https://www.theguardian.com/world/2019/oct/11/putin-turkish-invasion-of-syria-could-release-hundreds-of-isis-fighters [5] Europe must stand with Turkey over Putin’s war crimes in Syria – Focusing on the refugee crisis Russia has created addresses symptoms not the cause – George Soros 4 March 2020 – https://www.ft.com/content/ae0b560c-5e03-11ea-ac5e-df00963c20e6 [6] Ibid. [7] Ibid. [8] https://sputniknews.com/middleeast/202002191078354137-erdogan-calls-attempt-to-acquit-activist-kavala-tactical-move-by-foreign-conspirators/ [9] https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/24/turquie-osman-kavala-doit-etre-libre_6030636_3232.html https://www.haaretz.com/middle-east-news/turkey/erdogan-blames-hungarian-jew-soros-for-2013-protests-that-rocked-turkey-1.6676885?utm_term=20181121-20%3A18&utm_campaign=Haaretz&utm_medium=email&writerAlerts=true&utm_source=smartfocus&utm_content=www.haaretz.com%2Fmiddle-east-news%2Fturkey%2F1.6676885 [10] https://www.trt.net.tr/francais/turquie/2019/07/20/la-turquie-possede-la-deuxieme-plus-grande-armee-de-l-otan-1239277 [11] https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/feb/11/putin-threat-europe-islamic-state [12]Voir : « Asked to evaluate the threat to global security posed by Putin, McCain said: “I think he is the premier and most important threat, more so than Isis.” » https://www.theguardian.com/us-news/2017/may/29/vladimir-putin-is-bigger-threat-than-isis-john-mccain-says [13] https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/feb/11/putin-threat-europe-islamic-state [14] Ibid. [15] Ibid. [16] https://strategika.fr/2020/02/07/soros-watch-lobby-cfr-european-council-foreign-relations/ [17] https://strategika.fr/2020/02/07/soros-watch-lobby-cfr-european-council-foreign-relations/ [18] https://www.un.org/fr/conf/migration/global-compact-for-safe-orderly-regular-migration.shtml [19] Le plan Soros : https://www.project-syndicate.org/commentary/rebuilding-refugee-asylum-system-by-george-soros-2015-09/french https://www.georgesoros.com/2015/09/26/rebuilding-the-asylum-system/ [20] « Les armes de la migration de masse : le déplacement forcé comme instrument de coercition ; perspectives stratégiques » https://calhoun.nps.edu/bitstream/handle/10945/11515/SI_V9_I1_2010_Greenhill_116.pdf https://lesakerfrancophone.fr/armes-de-migration-de-masse [21] « Sky Finds ‘Handbook’ For EU-Bound Migrants » https://news.sky.com/story/sky-finds-handbook-for-eu-bound-migrants-10346437 [22] https://www.bvoltaire.fr/des-fleuves-de-sang/ L’article Soros, Erdogan et les armes d’immigration massive contre l’Europe et la Russie. est apparu en premier sur Strategika. 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